La disparition programmée de nos plages de sable


Le changement climatique et la hausse des océans pourraient faire disparaître la moitié des plages de sable d’ici 2100 selon une étude scientifique parue dans la revue britannique Nature Climate Change. Les plages de sable sont plus que jamais menacées par l'activité humaine et les conséquences météorologiques seraient importantes à terme. Explications.

Quel avenir pour les plages de sable ?

Si dans l'opinion commune, les plages de sable constituent le lieu de loisir et de tourisme par excellence, celles-ci ont un rôle météorologique avant d'avoir une fonction économique. Les plages de sable occupent plus du tiers du littoral mondial et sont l'interface naturel entre la terre et l'océan, offrant une protection côtière contre les tempêtes marines et les cyclones.


Cependant, la présence de plages de sable ne peut être tenue pour acquise, car elles sont en constante évolution, entraînées par des "facteurs météorologiques, géologiques et anthropiques" explique l'étude. Une proportion substantielle du littoral sablonneux du monde est déjà en train de s'éroder, une situation qui pourrait être exacerbée par le changement climatique.

Une proportion importante des rivages sablonneux menacés se trouvent dans des zones densément peuplées, ce qui souligne la nécessité de concevoir et de mettre en œuvre des mesures d'adaptation efficaces.

L'étude en question montre que les tendances ambiantes de la dynamique du littoral, combinées à la récession côtière provoquée par l'élévation du niveau de la mer, pourraient entraîner la quasi-extinction de près de la moitié des plages de sable du monde d'ici la fin du siècle. Une atténuation modérée des émissions de gaz à effet de serre pourrait empêcher 40% du retrait du littoral.


Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs évoquent notamment une érosion due à des constructions nouvelles. L’enquête souligne également que plus d’un tiers des littoraux sont menacés, même si l’humanité réduit fortement les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.


Les scientifiques ont travaillé à partir de deux scenarii, celui "du pire" où les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, ou un autre scénario où le réchauffement climatique est limité à 3°C, un niveau toutefois élevé.


Dans le scénario du pire, 49,5% des plages de sable disparaîtraient, soit environ 132.000 km de côte. Dans l'autre cas, environ 95.000 km seraient concernés.


Les conséquences d'une disparition des plages de sable


« Les plages de sable offrent souvent le premier mécanisme de protection contre des tempêtes et des inondations et sans elles, les impacts des événements climatiques extrêmes seront probablement plus forts », explique Michalis Vousdoukas, qui a dirigé l’étude et chercheur au Centre commun de recherche de la Commission européenne. Ainsi, l’Australie pourrait être le pays le plus durement touché, avec la disparition de près de 15 000 km de plages de sable d’ici à 80 ans, devant le Canada, le Chili et les États-Unis. Le Mexique, la Chine, la Russie, l'Argentine, l'Inde et le Brésil font également partie des pays en première ligne. La France serait aussi concernée.


Le groupe d'experts climat de l'ONU, le GIEC, estime dans un rapport publié en septembre que les océans pourraient monter de 50 cm d'ici à 2100 dans le meilleur des cas, de 84 cm dans le pire.

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